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Prières & Enseignements

Lundi 13 juin 2011 1 13 /06 /Juin /2011 19:05

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Si tu es chrétien, crois au Christ ; si tu crois au Christ, montre-moi ta foi par tes actes. Comment montrer sa foi par ses actes ? En méprisant la mort. Si vous me permettez, n'est-il pas à propos que je vous dise aujourd'hui : Frères, ne soyez pas des enfants par le jugement, mais des enfants par la malice (1Co 14, 20).

 

C'est pour nous une crainte d'enfants que d'avoir peur de la mort, sans avoir peur du péché. En effet, les petits enfants ont peur des masques, mais n'ont pas peur du feu ; si on les approche de la flamme d'une lampe, sans réfléchir ils tendent la main vers la lampe et sa flamme. Ils frémissent donc à la vue d'un vulgaire masque mais ils n'ont pas peur du feu qui est pourtant vraiment à craindre.

 

Nous aussi, nous avons peur de la mort, qui est un vulgaire masque, mais nous n'avons pas peur du péché, qui est pourtant vraiment à craindre et qui, à la manière du feu, dévore la conscience.

 

Et cela d'ordinaire nous arrive non par la nature des faits, mais par l'ignorance. Si nous considérons ce qu'est la mort, nous n'en aurons plus jamais peur.

 

Qu'est-ce que la mort ? C'est ce défaire d'un vêtement. Comme un vêtement, en effet, le corps entoure l'âme ; pour un temps enlevé au dernier soupir, il nous sera rendu plus éclatant. Qu'est-ce donc que la mort un voyage momentané.

 

Saint Jean Chrysostome

Surnommé le docteur de l'Eucharistie (+407), archevêque de Constantinople.

 

 

Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /Déc /2009 19:02

Le 16 décembre :


Ceci est le support que j’ai eu pour vous aider à entrer dans le mystère de la nativité

En italique les citations

 

Introduction

St Bernard

Cette parole, n’est pas une parole de souveraineté, mais de familiarité, mais d’alliance. L’Epoux dit: ‘Notre terre’. Aussi n’est-ce point comme Seigneur, mais comme Epoux qu’il parle ainsi. Quoi ! Il est notre créateur et il se rend notre compagnon ! Il ne faut pas en être surpris: c’est l’amour qui parle, et l’amour ne connaît pas de maître... Dieu traite ceux qu’il aime comme des amis, non comme des serviteurs. De maître, il devient ami, car il n’appellerait pas ses disciples amis, s’ils ne l’étaient pas réellement.

Tu vois comment la majesté cède à l’amour. Il en est ainsi frère: l’amour met non seulement sur un pied d’égalité ceux qui s’aiment, mais il les réunit jusqu’à ne faire plus qu’un d’eux tous. Tu imagines peut-être que Dieu est excepté de cette règle, mais ignores-tu que celui qui s’attache à Dieu ne fait qu’un esprit avec lui. Il s’est rendu lui-même non pas ‘comme’ l’un d’entre nous, mais ‘l’un d’ entre nous‘. C’est peu qu’il soit semblable aux hommes, il est homme. Voilà pourquoi il s’attribue notre terre, non comme une possession, mais comme sa patrie »-

Ct 59,1-2 cfr 64.10

 

Voilà le mystère de la Nativité que je résume par une citation de St Bernard.

Noël, c’est le miracle de l’amour de Dieu pour l’homme et qui va l’entraîner dans toute une histoire par laquelle il va se révéler. L’amour pousse Dieu jusqu’à cette folie, comme nous même  il nous entraîne à certaines folies. L’amour a ses raisons que la raison n’a pas.

 

Méditation sur l’évangile selon St Luc 2,1-7

On passe de tout le monde habité régenté par César Auguste à la région de la Syrie pour s’arrêter à Bethléem dans le foyer de Joseph.

C’est dans cette petite contrée au bout du monde que l’histoire va commencer.

Bethléem c’est la maison du pain.

Dans une auberge de la ville, il n’y a plus assez de place.

A la place d’auberge on aurait pu traduire « salle à manger ».

Alors on couche, on dépose Jésus dans une mangeoire.

« parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle à manger ».

On comprend qu’il n’y ai pas de place pour eux, ce n’était pas là leur place.

Est-ce que le mot « mangeoire » est si dérisoire que cela au temps de Jésus ? ou bien l’évangéliste nous invite-t-il à voir autre chose ?

On passe de la maison du pain à la salle à manger pour aboutir à la mangeoire.

Cela raisonne bien fort.

Marie donne corps à Celui qui se fera notre nourriture et cette nourriture ne se trouve pas dans la salle à manger d’une auberge. Elle est d’une autre texture et qualité.

Une mangeoire, c’est là que viennent manger les animaux.

Il suffit d’avoir vécu parmi les animaux pour percevoir cette ambiance paisible et chaleureuse, loin des bruits et des rires gras des tables.

Une mangeoire, tout prêt des bras de Marie et de Joseph, dans une ambiance paisible.

Combien d’hôpitaux où de maisons confortables n’ont pas cette qualité pour accueillir l’enfant nouveau né.

Les lieux sont aseptisés et c’est important, mais souvent en manque de ce qui est le plus important pour la vie : la présence d’amour, de chaleur humaine.

L’enfant est posé là dans une mangeoire comme il sera posé là bas à Jérusalem à la fin de sa vie…

Et les bergers dont on se méfiait, qui avaient parfois moins d’importance que les animaux (le fils prodigue qui gardait les porcs !) se retrouvent au premier plan, bien avant le pasteur de l’univers,César, avant Quirinus le gouverneur romain.

Jésus s’abaisse pour se présenter aux plus méprisés des hommes, à ceux qui ne comptent pas, qui ne sont peut être même pas comptés.

Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix aux plus misérables des hommes.

Dieu se donne à voir, à contempler. Il se donne à perte d’être pour nous remplir de son amour.

Ce Dieu que tant d’hommes cherchent au plus haut des cieux se donne à voir dans les choses les plus humbles de la terre. Le difficile, ce n’est pas de se hisser par la vertu jusqu’au Ciel, jusqu’au plus haut des Cieux, c’est de s’abaisser jusqu’au plus bas de notre misère et l’y laisser Dieu nous rejoindre.

C’est lui qui nous élèvera jusqu’auprès de son Père.

 

La nativité, c’est à la suite de l’Annonciation le déroulement de cette histoire de Dieu parmi les hommes. Dieu se fait homme, il ne fait pas semblant, il assume en totalité l’humanité depuis la conception jusqu’à sa mort sur la croix. Dieu se fait homme, voilà la merveille, voilà l’étonnant. Jésus vient de Marie pour la chair, mais de Dieu pour l’Esprit. En Jésus l’humanité est pleinement assumée par la divinité. Jésus est pleinement homme et il est pleinement Dieu.

Mais il faut pousser jusqu’au bout ce que cela signifie.

 

Que signifie cette venue de Dieu parmi les hommes ?

- Quant à l’homme, cela montre son incomparable dignité. Il est créé capable de Dieu, capable de connaître Dieu ! Cela montre que l’homme est bien plus que ce dont il a conscience. Il doit accueillir dans la foi sa destinée et ouvrir son horizon, changer de perspective. L’homme est plus grand que le monde et que ce qu’il contient. Si l’homme se doit d’avoir les pieds sur terre, il doit comprendre aussi qu’il a la tête dans les étoiles.

 

Quant à Dieu, cela montre son intérêt pour l’homme, cette petite poussière à l’échelon de l’immensité de la création. Cet homme qui se débat entre ange et démon, qui peut manifester la plus grande beauté ou la plus cruelle méchanceté. Cet homme intéresse Dieu, bien plus Dieu l’a fait à son image, capable de le porter. Dieu est amour et il aime sa création jusqu’à se faire homme, jusqu’à s’abaisser par amour et se faire petit enfant. Dieu aime tant l’homme qu’il se remet entre ses mains. Cela montre que Dieu n’est pas dans une indifférence hautaine, mais tourné vers l’homme. Il se fait vulnérable entre les mains de l’homme. Et dans sa vulnérabilité Dieu prend corps, il prend visage.

 

 Dieu en Jésus a un visage.

 

 « Le christianisme, c'est Dieu qui, pour nous, s'est fait visage et qui nous révèle l'autre comme visage.

Macaire le Grand dit que l'homme spirituel devient tout visage, et son visage tout regard.

Qu'est‑ce qu'un visage devenu tout regard, sinon une déchirure salvatrice dans l'immensité close du monde?

Rien de plus émouvant que les voyages interplanétaires, demain peut‑être intergalactiques. Il faut que l'homme explore sa prison. Mais sa prison, justement, n'a pas de limites. La seule issue, ici, c'est un visage, et d'abord, sur nos écrans de télévision, le visage du cosmonaute encapuchonné d'abîme. L'explorateur est plus grand que ce qu'il explore, seul son regard nous sauve du néant. Et si le regard se durcit, si le visage se ferme, nous savons que dans le secret un regard à jamais nous accueille, et que le visage du Christ n'est jamais fermé.' » Olivier Clément, « Questions sur l’homme »

 

Un autre regard sur Dieu

« C'est bien ce qu'écrit le poète anglais Coventry Patmore lorsqu'il dit d'une façon si profonde: « Qui est l'homme ? Qui est l'homme ?» Et alors il donne cette réponse qui traduit admirablement le mystère des larmes de Jésus‑Christ: « Qui est l'homme ? C'est celui qui tient Dieu dans sa main!» (Ta parole comme une source85 sermons inédits de Maurice Zundel)

 

Dieu m'appelle à le sauver du mal

 

Je crois, Seigneur,

à la vie d'un Autre en moi.

je crois que la vie éternelle,

c'est la vie d'un Autre en moi.

je crois que cette Vie m'est confiée,

confiée à mon amour,

à ma protection, à ma défense.

 

Parce que je crois à Ta fragilité,

au risque infini que Tu cours

dans le cœur des hommes,

à la tragédie éternelle de Ton amour,

toujours offert,

mais souvent refusé,

je crois que ma vie se joue dans la Tienne

et que ce qu'il faut sauver,

ce n’est pas moi,

mais Toi, en moi et dans le cœur

de mes frères.

je crois que si Tu dois; ressusciter,

Tu ne le peux que dans ma vie,

que dans mon cœur

que dans mon amour.

 

Abbé jules Bulliard

(d'après. des textes de Maurice Zundel) »

 

Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /Oct /2009 21:32


En ce temps de déchristianisation, il est un symbole majeur dont le sens se perd ou s'affadie même auprès des chrétiens. Ce symbole est celui de la croix du Christ. Il est pourtant partout, dans les églises bien sûr, dans les musées, au carrefour dans nos campagnes, dans les cimetières... Il est décliné dans tous les styles artistiques pourtant, sait-on vraiment le regarder ? Que nous inspire-t-il vraiment ? Le portons-nous fièrement ou préférons-nous le mettre de côté parce qu'il nous gêne un peu ?

Le monde veut de plus en plus supprimer ce symbole, car il dérange. Il oblige à s'interroger sur la place de la religion dans la société, à s'interroger sur la vie et la mort, sur l'héritage lié à ce signe...  Il nous rappelle aussi, à juste titre, que nos pensées doivent être tournées vers Dieu.

Il semble logique que les chrétiens sachent parler du signe qui les représente et donc aussi sachent le défendre et le valoriser.

Dans ce but je propose quelques éléments de réponse pour amorcer notre réflexion ou la raviver.

> Le symbole de la croix est riche et il a de multiples lectures. Mon propos cherche avant tout à dégager ce symbole d'une lecture courante qui tend à le réduire à un signe négatif, de souffrance et de mort. En effet, pour les non chrétiens, la croix est vue le plus souvent sur les faire-parts de décès ou au cimetière. Si l'on ne regarde que l'aspect visible, on ne voit qu'un homme en souffrance sur une croix de bois. Il devient systématiquement signe de tristesse, un signe morbide.

La croix est pourtant signe de puissance et de victoire : c'est par la croix que Jésus, le Christ, a vaincu la mort et le péché pour le salut des hommes. C'est la vie qui gagne sur la mort,
la lumière sur l'obscurité. Et c'est par la croix qu'il a réouvert les portes du ciel.

C'est aussi le lieu où Jésus se donne totalement pour les hommes. C'est un mystère, mais aussi un sujet d'admiration : un dieu qui montre un chemin d'humilité extrême pour vaincre l'orgueil qui a fait chuter les hommes lors du péché originel.

Un deuxième sens fort de la croix est le sens de passage : passage d'une vie cassée à une vie renouvelée, d'une vie d'esclave du péché à une vie libre (selon le modèle de la sortie d'Egypte du peuple hébreux), d'une vie sans Dieu à une vie avec Dieu (l'alliance nouvelle et éternelle).

Par le baptême nous sommes associés aux bénéfices de la croix (car la croix est un bénéfice pour nous). Certes tout au long de notre vie nous passons par des temps de peine et de souffrance, mais en regardant cette croix Dieu nous enseigne qu'ils ne sont pas insensés mais qu'ils sont un chemin vers des états de consciences renouvelés, des états purifiés où le mal est vaincu. Et avec son aide, nous en sortons grandis, comme ressuscités.

Par la croix nous passons aussi à une autre vie qui nous place dans la dynamique de l'espérance du Royaume célèste, là où il n'y a ni souffrance, ni confusion, où tout est clair pour l'esprit et tout esprit trouve la joie d'être sous le regard bienveillant du Père éternel qui donne tout son amour.

Le Christ est mort pour nous, c'est par la croix qu'il offre sa vie pour nous la donner. Cultivons notre conscience de ce don, et défendons le signe de la croix signe de notre résurrection.

Christophe, JP

(photo: croix de Gero, Xe s., Cologne, représentation associant la croix et la lumière de la Résurrection)

 
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