(Résumé de la présentation sur l'icône faite par Christophe et Thomas)
Le mot icône vient du grec, eikona, qui signifie image.
On distingue :
- l’image pieuse : qui représente un sujet religieux
- l’image sacrée : qui suit des règles de représentation, elle est réalisée dans la prière et bénie par un
prêtre.
Elle est sacrée car reliée au Royaume des cieux par la bénédiction et habitée par l’esprit du représenté par
les prières lors de sa fabrication. L’image sacrée, comme toute chose sacrée, peut être profanée si, par négligence, l’esprit la quitte.
Conception initiale
Dans le judaïsme l’image est interdite à la vénération selon le premier Commandement (Ex 20,1).
« Tu ne te feras pas d’idole, ni rien qui est la forme de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur la
terre ici-bas ou dans les eaux sous la terre… »
En ce temps l’image ou la représentation est confondue avec le sujet représenté (rappelons-nous que dans
l’antiquité l’image est une chose très rare et impressionne beaucoup plus qu’aujourd’hui). Il y a confusion entre l’image et l’être même, ce qui donne des cultes idolâtres (cf. Le veau
d’or).
Apports de
l'Eglise
L’Eglise, en élaborant sa théologie suite à l’Incarnation de Dieu en Jésus-Christ, va discerner la différence
entre l’essence de l’être et sa représentation dans la matière inerte. Elle va autoriser la représentation de Jésus, le Christ car il a pris chair et s’est révélé dans le monde matériel. Elle
précise toute fois que l’image est distincte de l’être mais à la vertu de porter à la conscience du spectateur la personne représentée. L’image est un soutien à la prière et permet au fidèle
d’orienter sa prière (en lui rappelant que le Christ est la Parole de Dieu incarné, qu’il est le Tout-puissant…).
Le concile de Nicée II (787) autorise les images. Il écrit :
« Quiconque vénère une image, vénère la personne qui y est représenté. »
« Plus on regardera ces images (du Christ, de Marie, des anges et des saints) et plus le spectateur se
souviendra de celui qui est représenté, s’efforcera de l’imiter, se sentira excité à lui témoigner respect et vénération, sans toutefois lui témoigner une latrie qui ne convient
qu’à Dieu seul, mais il leur offrira en signe de vénération de l’encens et des lumières… » latrie = adoration
L’Eglise va définir des canons de l’image religieuse et des règles de réalisation pour transmettre la juste
doctrine et éviter les mauvaises représentations. L’Eglise a définit 4 types de représentations pour la Vierge Marie :
Typologies des images de la Mère de Dieu :
- Vierge en Majesté, royauté de Marie
- Vierge de Tendresse, protection de Marie
- Vierge « Montrant le Chemin », Marie qui guide les fidèles vers le Christ
- Vierge Orante (ou priante) ou Vierge du Signe, intercession de Marie
Typologies des images du Christ :
- Christ Pantocrator, qui signifie le Tout-puissant en grec
- Christ en Majesté, royauté du Christ
- Mandylion ou Sainte Face, tradition du tissu de sainte Véronique imprimé par le visage de Jésus
lors de sa Passion (d’où le nom Véronique : vera icona, vraie image).
Elaboration d'un image sacrée
L’image sacrée se distingue par les
règles qui guident sa fabrication et les éléments représentés.
Dans la tradition de l’icône, la recherche porte sur la communication de l’essence des êtres
et non sur la représentation fidèle de leur apparence ou de leur réalité (ex. : Jésus enfant avec une tête adulte, perspective inversée…). L’image a pour vocation de porter à la conscience
la présence de Dieu et sa nature à travers un ensemble de codes. On dit ainsi qu’elle est écrite.
L’image sacrée est réalisée selon des règles définies au VIIe concile (Nicée II) en suivant un
jeûne et des prières spécifiques, de sorte que l’esprit de l’être représenté vienne dans la peinture. Elle ne peut être faite que dans la contemplation, elle est imprégnée de la
théologie de l’Eglise, elle est fondée sur l’Incarnation d’un Dieu fait homme (donc avec un visage).
Quelques règles :
Le regard se veut neutre d’expression afin de permettre le passage vers le monde divin et
vice versa,
La taille des personnages, les couleurs, les mains, les pieds, les cheveux etc…sont codifiés et ne doivent pas
laisser place à un naturalisme ou au sentimentalisme ;
De même pour la perspective inversée, le point de fuite se trouve devant et non derrière, c’est une façon de
montrer que Dieu vient vers l’homme.
Les codes de l’icône
- Le creux dans le bois signifie que ce
qui est représenté n’est pas la surface des choses mais la profondeur des choses.
- Le fond doré permet de porter le regard du spectateur dans la lumière divine, sans espace
ni temps.
- Les inscriptions, souvent en grec, signifient le nom
de la personne représentée (IC pour Iésos, XC pour Christos ; MP pour Marie et OV pour Théotokos, la Mère de Dieu).
- L’auréole marque la sainteté de l’esprit de celui qui
est représenté. L’auréole avec une croix à l’intérieur distingue la personne du Christ. Les lettres « Ô wn » signifie en grec, « l’Etant » ou « Celui qui
est ».
- Le regard est neutre de sorte que notre esprit
rencontre un regard profond qui appelle à la vénération de Dieu.
- Les doigts signifient, quand deux sont
levés et les trois autres repliés, la double nature du Christ (Homme et Dieu) et les trois Personnes divines.
- Le Livre ou le rouleau signifie que celui qui
est représenté détient la loi divine, le Parole de Dieu, la Vérité. Les inscriptions Alpha et Oméga indique le Christ est l’Etre Total qui connaît tout du commencement à la fin.
- La perspective inversée du livre ou d’autres éléments géométriques cherche à placer le spectateur au centre de la scène et l’intégrer dans la lumière divine. Il
inspire au spectateur de se mettre sous le regard de Dieu. Ce n’est plus le spectateur qui regarde mais c’est l’image qui regarde pour que le fidèle se laisse regarder par
Dieu.
- Les plis des tissus et les couleurs donnent la
dynamique, la vitalité à l’image. Elle concentre le regard sur le cœur ou le regard du personnage selon les images.
Pour les icônes de la Mère de Dieu :
- Les trois étoiles sur les épaules et le front rappellent la virginité de Marie : avant, pendant et après l’enfantement du
Christ.